ein bisschen Kunst

 

 

http://www.antonygormley.com/sculpture/chronology-item-view/id/2226/page/265#p1

 
 
http://www.underwatersculpture.com/sculptures/overview/

 


http://katsuyoaoki.s1.bindsite.jp/Works.html

 

 
http://www.saigonocean.com/nghethuat/html/visualart.htm
 
 
http://www.latinamericanart.com/en/artworks/ivan-navarro-eternal-contradiction.html
 
ein bisschen Presse und web
 
http://www.artsblog.it/post/9371/primavera-con-sabine-hartmann

 

http://annachronique.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/07/index.html


http://www.pfaelzischer-merkur.de/sz-berichte/merzig-wadern/Merzig-Wadern-Merzig-Malerin-Sabine-Hartmann;art2800,4010204
 
http://www.20h59.com/evenement/vincent-gabin-sabine-hartmann-expositions-dans-le-cadre-des-portes-d-or-centre-musical-fleury-goutte-d-or-barbara-paris-18-octobre-2012,442221

 

 

 

Critique par Ileana Cornea Paris mai 2010


karl m. in the mind
Émue et révoltée par le suicide de plusieurs employés de France -Télécom, 


Sabine Hartmann entame une série d’œuvres qu’elle a intitulée Karl M. in de mind.


Elle ne prendra pas le pinceau pour fustiger la cruauté d’une société abusive,


comme l’impétueux Goya et le terrible Picasso. Sa révolte n’as rien d’un cri démonstratif.
 
Elle met en marche d’autres rouages car ce qu’elle nous donne à voir
sont des images suggestives, c’est un étrange vrombissement.  
Sur des planches d’aluminium dont l’aspect gris et luisant grésille déjà à nos yeux,
elle imprime à l’huile, dans une technique

bien à elle,
des colonnes d’écritures, mécanismes, rouages et manuscrits.
On croit entendre les cliquetis des touches des anciennes machines à écrire,
le froissement du stylo sur la feuille vierge dans la chambre silencieuse d’un écrivain, le claquement des rouages en marche d’une imprimerie ou d’une manufacture, comme un murmure sourd qui se lève, dans un film en noir et blanc.
 
Mais dans ses toiles, la couleur palpite cependant, pâle et douce comme la lumière

d’une lampe de chevet. Des calligraphies à l’encre noire mystérieuses et insistantes

tel le langage d’un vol prophétique d’oiseaux rappellent
les lignes serpentines dans l’univers poétique de Kandinsky.
Sa démarche essentiellement conceptuelle nous fait oublier qu’au fond, à l’instar d’un Gustave Courbet, c’est du rapport de l’homme

engloutit par le système d’une société injuste dont elle nous parle.
 
Elle évoque le commencement de l’ère industrielle.
 La machine qui vibre accompagnant

la main et les bras de ceux qui travaillent
en usine. La lettre d’imprimerie accompagne la pensée de ceux
 qui réfléchissent, l’infrastructure et la superstructure, Sabine Hartmann rend hommage délicatement et poétiquement à la pensée sur la condition de l’être humain du philosophe allemand Karl Marx.



 

Bien entendu une peinture ne rend pas compte des choses de la même manière

qu’un pamphlet et qu’une caricature. Engagée ou pas, une peinture reste avant tout une œuvre d’art où la forme et le contenu entraînent la mémoire dans l’imaginaire, prenant

à partie l’intimité de notre subjectivité.  
“Nous avons besoin d’histoire », écrit Friedrich Nietzsche, mais nous en avons besoin autrement que le flâneur des jardins du savoir.”

Seuls les artistes et les poètes dépassent les circonvolutions de l’analyse. Le pouvoir évocatoire de leur art nous apporte à travers l’émotion l’ouverture sur un monde passé

qui annonce le futur. Pour éveiller le passé, la métaphore visuelle de Sabine Hartmann

est construite autour de la trace :Spur en allemand.

 

Sur le fond de ses toiles, parmi les écritures sibyllines que l’on descelle,

le questionnement que l’on a posé aux employeurs de France Télécom côtoie

les manuscrits de Karl Marx. La fonction de la trace comme métaphore
dans les œuvres de cette artiste allemande marque ce que Walter Benjamin appelle

“le rendez-vous tacite entre les générations passées et la nôtre”.
Les Karl M. in de mind de Sabine Hartmann ouvre subtilement une fenêtre

sur cette histoire invisible qui vit et agit en nous, et nous parle d’espoir.